Coopération minière : Libreville et Abou Dhabi accélèrent la mise en œuvre des accords aurifères

En visite de travail à Libreville, une délégation émiratie venue d’Abu Dhabi, conduite par S. E. Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, Ministre du Commerce extérieur des Émirats arabes unis, a échangé ce lundi avec le ministre gabonais des Mines, Sosthène Nguema Nguema, dans le cadre du suivi des accords signés la semaine dernière aux Émirats arabes unis par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

 Cette rencontre s’inscrit dans la phase opérationnelle des conventions conclues à Abu Dhabi, notamment dans le secteur minier. Objectif : traduire rapidement les engagements diplomatiques en actions concrètes sur le terrain.

 Au centre des discussions figure la valorisation du potentiel aurifère du Gabon. Le ministre des Mines a présenté à ses partenaires le cadastre minier national ainsi que les difficultés rencontrées dans le contrôle et la gestion de la production d’or, en particulier dans l’exploitation alluvionnaire.

Les partenaires émiratis ont exprimé un intérêt pour l’or primaire et l’or alluvionnaire. Les deux parties ont convenu d’engager une collaboration sur ces deux segments, avec un accent particulier sur les zones à fort potentiel aurifère.

 

L’un des axes majeurs du partenariat concerne la mise en place d’un système moderne de traçabilité de l’or. Les autorités gabonaises reconnaissent que l’absence de mécanisme de contrôle performant favorise les fuites et prive l’État de ressources importantes.

 Le dispositif envisagé prévoit l’estampillage des lingots à l’aide d’un code QR permettant d’identifier précisément leur origine et d’assurer un suivi tout au long de la chaîne de commercialisation.

Par ailleurs, la question de l’organisation de l’orpaillage artisanal a été abordée. Le système actuel de cartes d’exploitant individuel est jugé peu efficace en matière de contrôle. Le gouvernement envisage désormais une transition vers un modèle coopératif afin de mieux encadrer les exploitants artisanaux, en collaboration avec la Direction générale de la Géologie, le ministère des Mines et les compagnies partenaires.

 Les équipes techniques gabonaises et émiraties poursuivront leurs travaux afin de définir les modalités pratiques de mise en œuvre et d’identifier les premières zones d’exploitation prioritaires.

 À travers cette coopération renforcée, le Gabon ambitionne de structurer durablement sa filière aurifère, de sécuriser sa production et d’optimiser les retombées économiques au bénéfice du pays.